Lorsque j’ai reçu ce livre, le communiqué de presse joint à l’envoi disait ceci : “Dans ce livre plein d’humour, une anglaise s’interroge sur ce qui fait le charme si particulier des françaises. La ligne, la mode, les cosmétiques, le travail, la culture, les bébés, les relations avec les hommes, et le sexe, bien sûr. Partagée entre amusement et admiration, elle passe en revue tous ces aspects de la vie des femmes françaises et les met face à leurs petites et grandes contradictions.”
Dis-donc, quel concept sympa ! Sincèrement, ce fil conducteur m’a paru vraiment formidable. C’est donc avec un a priori très positif que j’ai attaqué ce bouquin.
Pour me situer par rapport à ce genre d’ouvrage, je dirais, sans aucune honte, que je suis ultra-cliente des bouquins de fille.
En effet, la chik-lit, expression qu’on pourrait traduire par “littérature de poulette” est un genre résolument moderne et extrêmement distrayant. J’ai passé d’excellents moments en lisant les deux tomes du “journal de Bridget Jones” par exemple. J’ai détesté les films, en revanche : gros navets.
Alors en bonne fan de chick-lit, me taper ”So chic” semblait une bonne idée.
Sauf que.
Sauf que j’ai découvert les romancières anglaises de la chik-lit par la plume d’Helen Fielding et que j’ai poursuivi mes lectures avec des auteures du même acabit. Du coup, j’ai été habituée à une certaine pétillance dans le style, sans compter une légèreté plutôt caustique et un irrésistible sens de l’autodérision.
Le roman de gonzesse écrit par une anglaise est toujours drôle, et soutient de la première à la dernière ligne un rythme bien enlevé. Il y a des rebondissements. Du second degré. Des expressions marrantes. Du comique de situation. L’héroïne en fait des caisses et ça reste amusant. Ses galères sont un régal.
Alors je veux bien admettre que tout ne peut pas être à l’avenant. Mais “So chic” est à des années-lumières de tout ça.
En effet, autant le concept est génial, autant il est mal exploité dans ce livre. Lorsque j’en ai parlé, à chaud, avec une amie journaliste, elle m’a dit : “cherche pas, c’est une mauvaise trad”. Une mauvaise quoi, j’ai dit ? Une mauvaise traduction. Ah, ok. Elle m’a expliqué que la traduction peut flinguer un bouquin si elle est mal faite.
Oui, mais ce n’est pas tout. Je ne peux croire que la traduction soit seule en cause, car ce bouquin est complètement linéaire. L’auteure, enthousiaste et très très zélée, fait preuve d’un humour poussif et son style évoque certains paysages de la Creuse (pas la peine de hurler, je présente mes excuses aux habitants de la Creuse. N’empêche, soyons sérieux deux secondes : t’es déjà allé à Guéret ? Ouais, on est bien d’accord).
Ce livre est un coup manqué, et c’est bien dommage, car l’exploitation des clichés offrait d’immenses possibilités.
Reste au final un exposé plutôt complet, très premier degré mais complet, de l’image de la femme française. C’est supposé être une enquête, et malheureusement ça ressemble à ça.
“So chic, deux rouges à lèvres et un amant“, Helena Frith Powell, Editions Leduc, 215 pages.




[...] Avril 23, 2008 par lapeste Critique du bouquin visible ici. [...]
Une livraison expresse la Redoute pour l’hiver au point relais du coin, une…
Ca me rappelle l’époque désormais lointaine où je me suis laissé allé à lire des trucs dans la veine de Lune vs Mars…
Le probleme avec la chick-lit, c’est que hormis quelques succulentes auteures, on vire vite dans la bean-lit…
T’aurais pu nous mettre le prix de cette daube pour qu’on sache combien on avait économisé
Décidément à te lire trop goulûment, j’en viens à te chiper ton pseudo ! Pardon, désolée, vraiment ! Il est l’heure d’aller me coucher !