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“So chic”, critique

Critique du bouquin visible ici.

I have a dream…

Cloudbusting

Bon, je suis un peu désorganisée en ce moment, et je manque de temps pour poster ici, mais en spéciale dédicace aux Djeun’s qui étaient trop jeunes pour écouter Kate Bush en temps réel, je propose cette vidéo… C’est la première chanson que j’aie entendue d’elle, et ce fut le coup de foudre !

A noter le special guest qui joue le rôle du papa dans le clip !

 

Ca s’est passé hier matin, dans la cour de l’école que fréquentent mes enfants.

C’est l’heure de la récréation. Les deux meilleurs copains de mon fils, des jumeaux, sont en train de jouer avec d’autres gamins. Une dispute éclate. Le ton monte. Des insultes fusent, des mots de gosses, des phrases lancées sur le ton du défi. Puis la bombe est lâchée. Un gamin lance aux jumeaux : “sales arabes, sales bougnoules, retournez dans votre pays !”.

Les jumeaux sont bouleversés, ne comprennent pas, encaissent de plein fouet la violence de cette phrase. Ils rentreront chez eux à midi encore sous le choc, l’un silencieux, l’autre en larmes. Une autre petite fille ayant assisté à la dispute et dont la maman est italienne (une de mes amies) demandera, angoissée, pendant le repas : “Mais maman, si on me dit ça à moi, on sera obligés de partir de la France ?”

En début d’après-midi, les parents des jumeaux (la maman est aussi une amie) sont allés voir le directeur de l’école afin d’exposer leur point de vue et d’officialiser leur positionnement dans cette déplorable affaire.

Le père des enfants, un Sage, un homme extrêmement posé, tolérant et compréhensif, explique qu’il attend des excuses de la part des parents responsables des propos racistes de leurs rejetons. A défaut, une plainte sera déposée.

Au sortir de cet entretien, j’ai eu l’occasion d’échanger avec mon amie et son époux, en compagnie de mon autre amie, la maman italienne interpellée par sa petite fille à table, deux heures plus tôt.

Nous étions bouleversés et indignés.

Immigrée de la troisième génération (mon grand-père est arrivé d’Italie pour charrier des sacs de ciment sur les chantiers), je n’ai jamais eu à subir personnellement d’injures racistes. Si j’ai du affronter d’autres formes de discrimination, je n’en ai pas vraiment souffert, car j’étais armée contre toutes les attaques.

Mais ce qui s’est passé hier m’a outrée, submergée, et m’a fait ressentir de la honte pour ces gens qui élèvent leurs enfants de telle façon que des mots aussi énormes puissent être lâchés dans une cour d’école.

J’ai toujours rejeté tout racisme, toute discrimination. Je suis viscéralement, instinctivement et concrètement dans un esprit d’ouverture aux autres et c’est ainsi que mon époux et moi-même élevons nos enfants : des phrases telles que “tous égaux, tous différents” sont monnaie courante à la maison.

Le père des jumeaux m’a clairement dit qu’il estimait de son devoir de ne pas entrer dans une escalade de violence. Que Dieu demande à ses fidèles d’être tolérants, que nulle distinction n’est à faire entre les races et les religions. Il a affirmé sa foi en la liberté d’expression et a valorisé le concept du débat d’idées, que ce soit sur le plan politique ou social. Il a retracé avec ferveur l’histoire religieuse du monde, les migrations des peuples, les richesses du métissage…

Et il a prononcé cette phrase magnifique : “LE MONDE EST UN VILLAGE“.

Eh bien dans le village où je vis, j’ai décidé que le racisme n’aura pas de place. A ma modeste échelle, je refuserai avec acharnement de cautionner les atteintes à la dignité, et le non respect des dispositions légales régissant les injures à caractère raciste.

J’emprunte à nouveau cette phrase qui m’est chère : “LE RACISME N’EST PAS UNE OPINION. C’EST UN DELIT.”

Je suis déléguée des parents d’élèves. J’ai été élue. Et ce qui s’est passé hier m’inspire de façon très concrète les actions à mettre en place dans le cadre de mon mandat. Je n’ai jamais négligé mon rôle, mais je sens que là, il va prendre de l’ampleur. Et un ton nouveau. Très, très persuasif.

Une pétition va être signée. Des affichettes seront diffusées. Je sais que ce n’est pas grand-chose. Mais le peu que je pourrai faire sera fait.

Le papa des jumeaux croit en la pédagogie, en l’éducation, celle des enfants comme, hélas, celle des parents. C’est à sa foi en l’être humain que j’aimerais rendre hommage, et à l’amitié qui me lie à cette famille que j’adore, en leur assurant que nous sommes tous à leurs côtés et que nous nous engagerons dignement, même dans notre petit patelin au fond de notre petite vallée, pour faire bouger les mentalités et ne jamais nous laisser aller à excuser l’inexcusable.

 

L’injure raciale publique est un délit pénal, sanctionné par les articles 23, 29 et 33, alinéa 3 et 4, article 42 de la loi du 29 juillet 1881. Ce délit est passible de 6 mois d’emprisonnement et 22500 € d’amende.

L’injure raciale non publique est une contravention pénale, sanctionnée par l’article R 624-4 du code pénal et l’article 29, alinéa 1 de la loi du 29 juillet 1881. Cette contravention est passible de 750 € d’amende.

 

 

 “Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis.”

(Antoine de Saint-Exupéry)

 

 

Edit du 02/04/08 : Je tiens à saluer la réaction exemplaire du directeur de l’école, qui a géré le problème avec célérité et diplomatie. Lorsque je suis allée le voir avec les affichettes, il avait bien évidemment déjà pris les dispositions pour qu’une rencontre soit organisée entre les deux familles. Il a reçu ma proposition d’affichage avec enthousiasme, et en réponse à mes arguments, à renchéri par sa propre conviction : “pour ce genre de problème, c’est Tolérance Zéro !”. M. Le Directeur, merci, et chapeau bas. J’en profite pour saluer également toute l’équipe pédagogique de l’école, car tous les enseignants sont dans un état d’esprit aussi sain et dynamique.

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